Stage d’initiation aux soins infirmiers : Chapitre IV – Concision

Jour 4 – Matin (7h-14h)

6h45 : Entrée dans le poste de soin.
6h50 : Sonnette. Une patiente présentant une mort fœtale in utero a des contractions. Je lui transmets les ordres de l’infirmière. Elle doit prendre une douche pendant que nous appelons quelqu’un pour la descendre en salle de travail.
7h30 : Participation à la préparation des plateaux pour les prises de sang programmées ce matin (révision parallèle de l’ordre de remplissage des tubes). Appréhension : aujourd’hui, je me lance. En un mot : Gloups.
8h30 : Première tentative de prise de sang. La mise en place du garrot a été difficile : patiente fragile, parlant pas français ; l’infirmière donne une précision qui me perturbe alors qu’il s’agissait exactement de ce que j’étais en train de faire ; patiente qui essaye d’aider mais complique un peu les choses en défaisant le garrot. Je trouve la veine. L’infirmière vérifie. La patiente lui demande de piquer. L’infirmière pique. Je reprends la main pour remplir les tubes. Verdict : j’ai fait une prise de sang partielle, il ne manque que la piqure. La Quintessence.
9h00 : Tentative d’auto-persuasion. Mais non je ne suis pas nul. Mais non je n’ai pas échoué. Pour le premier « mais », échec.
9h30 : Deuxième tentative de prise de sang. Je demande à la patiente si elle est d’accord pour que je procède. Elle déclare pendant cinq bonnes minutes qu’elle est douillette, mal réveillée, d’accord mais si je suis douée, préfère l’après-midi. Au final, avant même de poser le garrot, je demande à l’infirmière de piquer. La patiente me remercie chaleureusement (très soulagée).
9h35 : Deuxième tentative d’auto-persuasion. Même résultat.
9h45 : Prise des constantes (tension, température, SAT) chez une patiente, tout seul. Ouf, ça au moins, je sais faire (un peu facile comme réconfort : j’ai déjà travaillé en tant qu’AS pendant un mois il y a deux ans).
10h : Récupération d’un échantillon d’urine chez une patiente pour un ECBU. Ça aussi, seul, ça va (même critique que précédemment).
10h05 : Gribouillage sur le tableau blanc récapitulant les patientes présentes dans le service. J’inscris le nom de la pathologie et le terme de la grossesse. Grand moment de fierté personnelle. (Faut bien se faire mousser un peu).
10h10 : Participation à l’accueil et à la constitution des dossiers de deux nouvelles patientes.
10h45 : Troisième tentative d’auto-persuasion. Même résultat.
11h00 : Petit cours du super-externe de la dernière fois sur l’ECG. Je sais répondre à toutes ses questions. L’externe est interrompu à de nombreuses reprises pour X ou Y raisons.
11h10 : Quatrième tentative d’auto-persuasion. Résultats en cours, veillez patienter.
11h15 : Réalisation d’un Dynamap (protocole de mesure de la tension sur plusieurs minutes) seul sur une patiente. A perfectionner.
11h20 : Malgré l’envie de retourner voir si l’externe peut continuer son « cours » j’accompagne l’infirmière faire une virée dans les étages inférieurs à la recherche d’un masque à oxygène pour une patiente en insuffisance respiratoire dont les lunettes (embout à mettre dans les narines) commencent à l’irriter. Retour bredouille.
11h55 : Sonnette. Patiente en hypoglycémie. Mission verre d’eau sucrée.
12h05 : Fin du cours du super-externe.
12h10 : Topos de l’infirmière sur les différentes pathologies et différents protocoles du service actuellement. S’adresse à moi et à l’élève infirmière également présente.
13h00 : Mini-staff en présence d’une interne, d’une sage-femme et d’une des deux chefs de service qui fait aussi bien les sourires chaleureux que sa collègue fouette. Extase intellectuelle au milieu des mots savants.
13h30 : Interruption par un mari maniéré qui exige que sa femme soit placée en chambre seule, s’offusque devant le refus de la sage-femme qui lui explique qu’en raison de la suspicion de pré-éclampsie chez son épouse, on préfère qu’elle soit accompagnée de sorte qu’on puisse être prévenu en cas de crise. « Ecoutez, je ne suis pas médecin, mais je ne vous crois pas, par conséquent, j’espère que vous ferrez l’effort de mettre ma femme en chambre 72 qui est libre. Je vous remercie pour votre application ». Porte qui claque. Stupeur parmi les soignants.
13h45 : Retour du mari maniéré. « Oui, j’aimerais savoir si c’était possible d’avoir un fauteuil dans la chambre pour mon petit dos qui souffre. Ah et je compte sur vous pour la chambre 72. Merci pour votre obligation ! ». Porte qui claque. Une aide-soignante : « Et il ne veut pas un coussin pour son p’tit cul tant qu’on y est ? »
13h50 : Une infirmière revient de la chambre de la femme du mari et informe qu’il aurait dit qu’il n’y avait que des connes ici. Une aide-soignant : « Et bien son fauteuil il peut s’assoir dessus ! ».
13h52 : Fin du mini-staff.
13h55 : Arrivée de l’équipe de l’après midi et de l’autre stagiaire en P2.
14h00 : Cinquième tentative d’auto-persuasion : Erreur 0042 Veillez réessayer ultérieurement.
14h35 : Fin des transmissions.
14h40 : Sortie de l’hôpital, retour maison, faim.

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