Comment réussir la PACES (Première Année Commune aux Etudes de Santé, dite aussi PAES) ?

Dernier cours de physique-chimie, Terminale Scientifique, quelques semaines avant le BAC.

L’enseignant approchait tandis que les élèves rangeaient leurs affaires en vitesse. C’était la dernière fois qu’ils mettaient les pieds dans cette salle où, notamment, ils avaient passé de longues matinées, le Vendredi, à essayer de finir leur nuit sans trop se faire remarquer, entre 8h et 10h. Je n’étais pas des plus lents à fourrer pêle-mêle cahiers et stylos au fond de mon sac pour quitter les lieux. C’était cependant sans compter l’arrivée du professeur qui s’installa à ma gauche.
« J’ai appris, au conseil de classe du troisième trimestre, que tu voulais faire médecine ? »
Comment dire … ? Oui, ça posait problème ?
« En effet … »
Il cilla, et un petit sourire un brin moqueur vint tordre ses lèvres.
« Tu sais qu’il y a des maths en médecine ? »
Ah ah … Comment ça, moi, le pauvre étudiant soi-disant destiné à faire de la littérature et qui détestait les mathématiques au plus haut point (celles-ci d’ailleurs le lui rendait très bien en l’envoyant
illico presto chez l’infirmière pour cause de spasmophilie) faire médecine ? Non mais dans quel monde vivions-nous ? Depuis l’an dernier, on me répétait que si je le voulais, je pouvais toujours retourner en première, mais en première littéraire cette fois. Que ce n’était pas grave, qu’il valait mieux avoir un très bon bac L qu’un mauvais bac S. Et que pour faire comédien, psychologue, professeur de lettres ou écrivain, c’était quand même plus approprié. Oui mais … pour devenir médecin ?
« Il y en a, il faudra que je fasse avec … »
Le professeur eut un petit rire.
« Moi, je veux te parler franchement. Le conseil de classe dit que tu es un élève sérieux pour lequel on n’a pas trop de crainte concernant l’avenir. Tu auras peut-être ton bac sans trop de problèmes. Mais honnêtement, je ne pense pas que la médecine ça soit pour toi. C’est scientifique. Non, je pense que c’est pas très intelligent de te lancer là-dedans … Tu n’y arrivera pas ».

– – –

Comment détruire un projet, un rêve, une motivation voir une vocation en deux minutes. Je pense à celui ou celle qui, étant peut-être un(e) allergique aux mathématiques, à la physique ou à toute autre forme de calculs abstraits mais qui rêve de faire un métier comme celui de médecin, aurait pris pour saintes paroles le discours d’un enseignant avec si peu de tact. J’enrage quand je constate cette suprématie de la science, du « bac S qui ouvre toutes les portes », sur la littérature. Pythagore avant d’être mathématicien était philosophe. Descartes s’est essayé avec un certain succès à quelques écrits de même nature. Je cite Leibniz comme je pourrais en citer pendant des heures ou on s’arrête là ? Et puis, sans art, sans littérature pour servir de bases à de très bons films, d’excellentes séries ou même de jeux-vidéos, avouez quand même que la vie serait un peu morne …
« Cher professeur, pour votre gouverne : je ne saurais vous suggérer de bien vouloir garder vos commentaires sur le choix d’orientation d’un étudiant pour vous à l’avenir. Car loin de moi l’idée de remettre en questions vos talents divinatoires, prédictifs, quand bien même ils seraient basés sur quelques calculs mais … j’ai eu mon bac S avec mention « Bien ». Oui j’ai eu 7 en maths, et oui j’ai eu 19 en histoire. Et pire encore, j’ai eu médecine. Bien à vous, CQFD ».


PACES ou PAES pour Première Année Commune aux Études de Santé.

Une année redoutable, épuisante et difficile à tout point de vue. Néanmoins, j’aimerais profiter de cet article pour en dire deux ou trois mots. Casser des mythes. Briser des idées reçues qui continuent de faire rage parmi les lycéens. Cet article donne mon avis, très personnel, sur ces études. Il ne s’agit là que d’une des quasis sept milliard de vérités potentielles. Mais par pitié, considérez-là dans vos argumentaires, même pour la réfuter, si vous penser à la médecine comme une éventualité pour votre devenir …

  1. La médecine est réservée à une élite intellectuelle.
    Je ferais une sacré tâche dans leur rang. Non, non et non, il n’est pas nécessaire de dépasser Einstein en QI pour avoir une chance de réussir médecine et faire un bon médecin. Ce qu’il faut en priorité c’est une bonne dose d’humanisme, suffisamment pour pouvoir se dire « J’ai envie d’aider les hommes, de les guérir le plus possible, de les soulager au moins le plus souvent, et de les écouter toujours … Même si pour cela, je dois engranger une quantité de cours parfois tous plus inutiles les uns que les autres et dénués de la moindre humanité pendant toute une année, voire plus. ». Car la motivation sera votre plus grande arme, mais également l’alliée la plus difficile à convaincre de rester avec vous. Ne la perdez jamais.
  2. Seuls les bacs S mention « Très bien » peuvent espérer avoir médecine.
    Ce n’est pas pour le plaisir de me citer mais je suis un parfait contre-exemple. Je pourrais même vous parler d’un camarade qui, fort de sa mention très bien, est actuellement occupé à essayer une troisième fois de réussir le concours de la première année. Le bac n’a strictement rien à voir avec votre compétence dans l’enseignement supérieur. L’organisation, la motivation et, il faut l’avouer, la chance, sont les seules choses qui vous permettront ou non de réussir. Oubliez le lycée, retrouvez-vous. Sachez comment vous fonctionnez. Si vous êtes plutôt bon pour retenir ce que vous voyez, ce que vous entendez, ce que vous sentez. Si les maths vous filent des boutons, qu’à cela ne tienne ! Vous démultiplierez vos efforts pour faire la différence sur les sciences humaines, la biologie, la chimie et l’anatomie ! Il est vrai que dans les statistiques, beaucoup de gens ayant eu leur bac avec mention sont retenus. Après, sont-ils entrés en médecine parce qu’ils n’avaient pas peur, du coup, d’y aller ? Les bacs aux mentions inférieures ne sont-ils pas sous-représentés dans le lot d’étudiants qui préparent le concours ? Parlons chiffres, puisque dans ce bas monde, on ne demande que ça. Et bien sur l’ensemble des bacheliers généraux, près de la moitié est en filière scientifique. Parmi ces derniers, en 2011, 57,5% d’entre eux ont reçu une mention et notamment 10,5% le fameux « Très bien » (ici). Voilà qui fait un sacré nombre de mentions aptes à se retrouver dans l’amphi … D’un point de vue plus psychologique, du fait de ce genre de rumeurs, l’étudiant avec un bac mention passable aurait peut-être moins confiance en sa capacité à réussir. Et serait peut-être même moins tenté de s’inscrire.
  3. On ne peut réussir médecine qu’en redoublant au moins une fois.
    Tout dépend, encore une fois, de la triade organisation, motivation et chance. Mais quoi qu’il en soit, il ne faut surtout pas entrer en PACES et se dire que « de toute façon, je ne l’aurais jamais dès la première année ». Il faut profiter de la première tentative pour essayer de s’affranchir de la nécessité de recommencer. Et au pire, il sera toujours bon de profiter de cette première année pour (ré) apprendre à se connaître, acquérir une méthode de travail efficace et s’adapter à l’enseignement supérieur.
  4. Pour réussir médecine, il faut être bon en maths.
    Si vous avez bien lu le début de l’article, vous aurez compris pourquoi cette idée figure dans les mythes à démolir. Je pourrais pousser la blague (et la prétention) et vous dire qu’il faut être bon tout court. Je préfère vous avouer qu’une fois de plus, organisation, motivation et chance seront vos maîtres mots (je pars du principe que le travail est le produit de l’opération « Organisation x Motivation » et que la réussite répond à la loi « Réussite = (Organisation² x Motivation4) x Chance »). J’ajoute qu’il est quand même plus intéressant (si si !) de travailler de la physique quand on voit l’utilité qu’elle peut avoir dans notre pratique de futur médecin (même si parfois, certains chapitres sont effectivement là pour que les professeurs puissent se faire mousser un peu avec leurs magnifiques équations – C’est vrai, esthétiquement, c’est pas toujours moche, une équation !). Si je puis me permettre de vous renvoyer aux livres d’un certain Martin Winckler
  5. La pire de toute : Pour réussir médecine, il est indispensable de prendre une prépa. Alors là, j’enrage. NON NON ET NON ! C’EST FAUX, ARCHI-FAUX, STUPIDEMENT FAUX ! Le principal intérêt de ce système dont sont victimes pas loin de 75% des étudiants inscrits en première année de médecine est de vous voler votre argent. Ils vous vendent du rêve. Leur argument fort est de dire que plus de 75% des étudiants reçus avaient bénéficié de leurs services. Statistiques un peu faciles quand on part du principe que 75% de la promotion y était inscrite. Que donc, par la loi des échantillonnages, on retrouve une proportion semblable dans les reçus ! Mais ça, ils oublient un tout petit peu de vous le dire. Ensuite, il faut savoir que ces entreprises ont quand même un avantage : elles vous font connaître un peu vos camarades. Néanmoins, vous savez déjà que vous n’êtes pas en médecine pour vous faire des amis cette année, par conséquent, ce n’est pas indispensable, surtout si vous avez un ami ou deux qui tentent également le concours cette année. Travaillez en groupe, à deux ou trois, pas plus sinon ça se transforme en discussions infinies et la productivité est faible. Ça, c’est vraiment important, pour le moral entre autre. Certes, les boites privées vous encadrent, vous offre une reprise des cours avec des explications ce qui n’est pas trop mal pour les gens un peu dissipés (qui manquent donc d’organisation) ou qui ont besoin d’aide pour la transition lycée – fac. Cependant, la fac, au travers des séances de travaux dirigés qu’elle vous propose, vous permet aussi des rappels de cours par un autre enseignant, un certain encadrement (les travaux dirigés sont obligatoires en théorie) ainsi que la possibilité de poser vos questions. Il existe par ailleurs une alternative merveilleuse qu’on appelle souvent le TUTORAT. Comment décrire en quelques mots cette perle dans les études de santé ? Pour une somme modique (inférieure à 20€ l’année versus 3000€ pour les prépas privées) vous souscrivez à une association d’anciens élèves de PACES (souvent en deuxième ou troisième année) qui ont réussi leur concours et vous propose des séances de concours blancs, un soutien moral tout au long de l’année, parfois même une pré-rentrée pour vous remettre doucement dans le bain du travail, et surtout, il faut savoir que cette organisation travaille en étroite collaboration avec les enseignants de votre faculté. Oui, ceux qui vous donnent des cours et, plus important encore, ceux qui poseront les questions le jour du concours. Personnellement, quand on m’a donné le choix entre 3000€ et 20€, je ne suis pas du genre près de mes sous, mais je n’ai pas hésité très longtemps. Après, gardez à l’esprit que cela reste votre choix et que vous lisez la critique d’un étudiant complètement « anti-prépa-pour-la-PACES » qui les considère comme des « sales boites pompeuses d’argent qui creusent les inégalités d’accès à la profession médicale en abusant honteusement des inégalités pré-existantes entre les classes sociales et des revenus financiers des familles des étudiants qui tentent leur chance en PACES ». Entres autres.

Voilà. Je vous invite, futurs étudiants en PACES, actuels étudiants en PACES, parents ou proches d’étudiants en PACES, ou toute autre personne, à venir me faire part de vos éventuelles questions/remarques/suggestions concernant cette fameuse PACES en me laissant un petit commentaire sur ce post. N’ayez crainte d’exprimer votre désaccord, je sais que j’ai des avis très tranchés sur la question, mais ma réflexion ne demande qu’à évoluer. Enfin, voyez là les 5 grandes idées auxquelles je tenais à briser le cou sans plus attendre. Il y en a d’autre, faites m’en part, et j’actualiserai sans doute ce message. Je ne donne ici que mon avis, encore une fois. Je n’exposerais pas ma méthode de travail, car cela ne sert strictement à rien, chacun vivant à sa façon la PACES. Les grandes lignes ont été clairement dites : Organisation, Motivation et Chance. La vie, le hasard et le destin feront le reste.

N’oubliez pas : « Qui vivra verra ! ».

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6 réflexions au sujet de « Comment réussir la PACES (Première Année Commune aux Etudes de Santé, dite aussi PAES) ? »

  1. Article très intéressant.
    Je nuancerais seulement sur les prépas: bien qu’il ne soit évidemment pas indispensable d’en faire une pour réussir, elles sont généralement un très bon atout car leur but est de faciliter la tâche des étudiants en leur faisant gagner du temps (distribution de fiches de cours, corrections d’annales…).
    Evidemment, il faut bien choisir sa prépa et il est vrai que certaines abusent un peu sur les tarifs…

    Bonne continuation 😉

    • Merci pour ton commentaire !

      A mon sens, la prépa peut être utile à celles et ceux qui en ressentent le besoin. Effectivement, elle n’est pas indispensable pour réussir, bien qu’elle puisse être un élément clé de la réussite de certains. Et ceux qui n’en font pas ne sont en aucune façon plus méritant. C’est, je crois, juste une question de méthode de travail, de motivation, de besoin d’encadrement ou d’autonomie complète … bref, une question de connaissance de soi, ses forces, ses faiblesses et ses limites 🙂

  2. Salut!
    Ton article est vraiment super et permet à beaucoup de personnes de ne pas être démoralisés par la généralisation des profs. Cependant, j’aimerai juste te poser une questions. Je suis actuellement en terminal S. Je suis assez régulière dans mon travail mais, avec quelques périodes de défaillances quelques fois. Je ne sais pas si ces périodes de fatigue sont due à mon environnement au lycée que je n’apprécie pas du tout, à certaines matières ou professeurs qui m’exaspère ou tout simplement à ma nature car, si c’est le cas, je pense que je souffrirai vraiment en médecine.
    Voila merci de répondre à ma question, si tu as déjà été dans le même cas que moi .

    • Salut !
      Le lycée et l’université (et plus encore la PACES) sont deux univers très différents. Aussi, je crois qu’il est extrêmement difficile de prédire le déroulement et/ou le résultat de la PACES à partir de ce qui se passe au lycée. Combien d’étudiants, comme l’un de mes plus proches amis, brillants au lycée, auxquels n’importe qui promettait une réussite évidente en PACES, ne sont pas parvenu à obtenir le concours ? Combien d’autres lycéens, aux résultats passables (voir très moyens) notamment dans les disciplines scientifiques si chères au BAC S ont finalement réussi ? Ta question n’a, pour moi, pas de réponse évidente. Car tu es la seule à pouvoir y répondre.
      De toute façon, la PACES ne sera pas une partie de plaisir. Les études de médecine en général ne sont pas « une promenade de santé ». C’est un long chemin truffé de concours stupides et inhumains qui prétendent faire de nous des professionnels humanistes. C’est pourquoi, la seule réponse qui puisse t’éclairer serait à peu près celle-ci : « que veux-tu faire ? » Cela sous-entend de savoir ce que tu désires faire dans la vie, de ta vie, et ce que tu veux mettre en place pour y parvenir. J’ai personnellement trouvé un petit bout de réponse à cette question pendant ma 2ème tentative de la PACES mais je continue à me la poser. La motivation, c’est crucial, quel que soit le parcours que l’on entreprend. Ne laisse simplement personne décider à ta place. Trouve le courage en toi : ne te laisses pas déstabiliser et ne te mens pas à toi-même. Ce serait les seuls conseils que je pourrais proposer.
      Voilà, je suis vraiment désolé de ne pas pouvoir t’en dire davantage. Le doute n’est pas un ennemi, je crois. Prenons donc tous le temps de douter 😉
      Bien à toi !

  3. Bonjour,

    Nouvelle arrivante sur ton blog, je suis très heureuse de le découvrir. Tes récits débordent d’espoir et d’humanité dans le difficile monde des études de médecine.

    Je consulte des témoignages d’étudiants parce que je suis moi-même un peu déroutée dans mon orientation. Je m’explique : bachelière scientifique mention TB mais avec une âme littéraire en profondeur, je viens d’échouer à ma première PACES. Alors que j’ai passé une année à me battre avec acharnement pour mon rêve de devenir psychiatre, les vacances d’été et la libération de l’esprit laissent place à un océan de doutes. Je trouve l’année de Paces dénuée de sens et d’humanité. Je rêvais de spiritualité, de philosophie, d’interrogations sur l’Homme et j’ai brutalement l’impression que le système des études médicales nous demande simplement de se conformer et d’avaler des connaissances.

    Quel bonheur de trouver un blog dans lequel quelqu’un fait part de ses doutes, de ses peurs, de sa joie et de toutes ces belles émotions qui sont au cœur de l’humain !

    Merci pour ton témoignage qui me fait avancer dans le cheminement de ma réflexion sur l’avenir !

    Une petite question cependant : la médecine me fait peur (mais c’est probablement pour ça qu’elle m’attire autant), parce que j’ai un très mauvais esprit pratique et je ne suis pas habile de mes mains… Est-ce un gros handicap selon toi ?

    • Bonjour Flora !

      Je commence par te remercier pour tous ces compliments qui me font rougir et me touchent, merci donc 😉

      Ensuite, la PACES. Au risque de te redire des choses qu’on t’as déjà dites, la PACES, la plupart des gens qui en sortent victorieux ont mis 2 ans pour cela. Mais je comprends tes doutes, et ne suis que trop d’accord avec ta description de cette première année sordide, à des années lumières de ce qu’on pourrait penser de la médecine. M’y étant pris à 2 fois pour venir à bout de cette PACES, je pense bien saisir ce que tu écris. Mais connaissant également un ami très proche qui lui a tenté 3 fois avant d’abandonner, alors que tout le monde lui promettait une réussite « les doigts dans le nez » en médecine l’année de l’obtention de son bac mention TB, je voudrais simplement te donner mon sentiment : si tu sens en toi une motivation que tu penses être suffisante pour revivre une PACES et réussir, alors vas-y, fonces, même si tu doutes un peu. Si par contre, la lassitude et la démotivation l’emporte, poses toi plus sérieusement encore ces questions… Je ne dis pas ça pour te décourager, loin de là. Et peut-être même cela t’agacera et réveillera en toi la flamme de la motivation (je l’espère presque en tout cas !).

      Je voudrais également te mettre en garde. Je vais entamer bientôt ma 5ème année de médecine. Jusqu’encore maintenant, je n’ai pas trouvé de trace de spiritualité, de philosophie, d’interrogation sur l’homme, mais bien un système de gavage de connaissances. Si bien que j’ai décidé de suivre un master d’éthique à côté pour ne pas sombrer la folie (ou peut-être suis-je fou, allez savoir !). Il m’arrive, quelques fois, de me demander si je n’aurais pas été plus heureux en philosophie ou en psychologie. Mais ne connaissant pas vraiment ces cursus, je n’aurais peut-être jamais la réponse à cette question. Toutefois, tu écris vouloir devenir psychiatre. Je t’invites à te renseigner sur la carrière de psychologue, similaire (mais pour moi, tellement plus intéressante, mais cela n’engage vraiment que moi). Les bons psychiatres, du moins à l’hôpital, je n’en ai pas encore croisé. De bons psychologues, oui, et notamment un qui m’a vraiment beaucoup impressionné.

      Enfin, pour répondre à ta question : je déteste suivre pas à pas une méthode prémachée sans comprendre ce que je fais. J’ai véritablement deux mains gauches. L’esprit pratique, je pense que ça se travaille, si on parvient à l’associer à une façon de réfléchir qui respecte nos valeurs. L’habilité pratique, si j’ose dire, c’est comme quand on commence une nouvelle discipline. Au départ, on boitille comme un canard. Avec le temps et l’expérience, on allie la vitesse du guépard à la grâce du dauphin. Non, clairement, ces deux éléments ne sont pas, pour moi, un gros handicap. Peut-être même plutôt une certaine force ?

      Voilà pour ma réponse, qui s’inspire assez exclusivement de moi, donc à prendre avec des pincettes évidemment. J’espère avoir pu t’éclairer un peu. N’hésite pas si tu as d’autres questions 😉 Bien à toi.

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