Un cas clinique atypique : le syndrome du Nouveau de l’autre côté de la barrière

Le 11/04/2013 : Litthérapeute (P2)

Motif d’hospitalisation : Jeune étudiant d’une vingtaine d’année, avec des antécédents de blogorrhée, vient pour trouble de la vocation à devenir soignant dans le cadre de sa DFGSM 2.

Traitement actuel : magnésium, vitamines.

Histoire de la maladie :

Premier épisode de PACES traité par travail intense et vitamines en 20XX.
Rechute l’an suivant, même traitement, doses doublées.
Évolution de la PACES en DFGSM 2, actuellement traitée par travail modéré à intense, stages intensifs, vitamines épisodiquement.

A l’interrogatoire, il est question de la peur généralisée chronique du patient associée à une réflexion potentiellement dévalorisante aiguë. Cette peur se traduit majoritairement par les signes suivants :

–          Crainte d’examiner un malade (exacerbée lorsque le malade se plaint, notamment d’être fatiguée, et d’autant plus lorsqu’un externe/interne/médecin/professeur vient tout juste de l’inspecter/palper/ausculter/percuter).
–          Appréhension en entrant dans une chambre : que dire, que faire, ou aller, comment observer un externe/interne/médecin/professeur examiner un malade sans donner l’impression d’être un voyeur inutile ?
–          Malaise à l’idée de se sentir inutile pour ce qui est d’aider l’équipe médicale.
–          Paranoïa se traduisant par le sentiment que toute l’équipe soignante sait qu’il est inutile, incompétent et parfois l’ignore complètement.
–          Relation unilatéralement fusionnelle avec un externe merveilleux, patient, intelligent et pédagogue qui est perçue par le patient comme source d’agacement majeure pour le dit externe.
–          Lors d’une question posée par le chef de clinique, on remarque :

  • Une amplification de la fréquence respiratoire à deux pas de la polypnée superficielle,
  • Une exacerbation extrême des signes d’activation adrénergique avec sueur, tachycardie sévère, HTA, palpitation, mydriase marquée,
  • Un trouble neurologique se traduisant par une perte mnésique spontanée, radicale mais cessant avec le détournement de l’attention de l’interrogateur,
  • Une raideur musculaire généralisée associée à un trémor paradoxal,
  • Une aphasie complète, absente lorsque la question fait référence à une connaissance certaine de l’étudiant. Dans ce cas, il existe une nette diminution du volume vocal et le patient ne s’exprime plus que par murmures.
  • Une volonté de disparaître en s’enfonçant dans le mur/l’armoire/le sol adjacent.

A l’examen clinique :

TA : 150/10 ; Pouls : 90/min ; Température : 37,5°C ; Glasgow : 15 ; IMC : 21

A l’inspection, l’étudiant semble naïf, inexpérimenté et sévèrement maladroit. Il déambule collé aux pattes d’un externe/interne/médecin/professeur en jetant de multiples regard furtif, suit les conversations, prend des notes de façon frénétique et donne l’impression de toujours avoir une question à poser. Devant le patient, lorsque celui-ci est un peu dément ou douloureux, il montre une hésitation à prendre délicatement sa main pour le rassurer.

A la palpation, l’étudiant réagit s’il ne l’a pas déjà fait par un écartement spontané, s’aplatissant contre le mur et se confondant en excuses pour laisser le passage dans le couloir étroit de l’hôpital.

A l’auscultation, très difficile, on note un murmure vocal presque imperceptible remplit de jargon médical obscur.

Le risque de crise cardiaque non négligeable a rendu toute percussion impossible (de plus, patient peu compliant).

Conduite à tenir :

–          Surveiller
–          Prévoir un rendez-vous avec le psychiâtre (urgent)

Traitement à mettre en place : confiançothérapie hautes doses.

Résumé : Un étudiant de vingt ans avec des antécédent de blogorrhée montre des signes cardinaux du syndrome du Nouveau de l’autre côté de la barrière. On préconise la mise en place urgente d’une confiançothérapie dont les effets sont à surveiller dans les prochains jours.

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5 réflexions au sujet de « Un cas clinique atypique : le syndrome du Nouveau de l’autre côté de la barrière »

  1. Très joli post!Dans quelques années,tu reliras tout ça avec un petit sourire…c’est ça qu’il faut se dire!!

  2. Bonjour !
    Alors, avec le recule (par rapport à ce qu’ont pu dire les précédents commentaires), le syndrome du Nouveau de l’autre côté de la barrière s’est-il atténué ? 🙂
    Sinon j’adore la façon dont vos écrits sont mis en œuvre, à savoir la variation des points de vue (qui passent de celui de l’étudiant, à celui de la blouse par exemple), la mise en place textuelle décalée d’un article à l’autre (où on voit des textes de réflexion, puis des poèmes, ou encore des diagnostiques comme ici), et bien sûr, le message de réflexion qui se cache dans chaque publication.
    J’aime lire vos textes, et me plonger, grâce à vos descriptions, et ne serait-ce que pour quelques minutes, dans le monde de l’étudiant en médecine.
    Bonne continuation à nouveau 🙂
    Zinou

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