Le stimulus

Toujours un peu pareil, fidèle à son signal,
Fourbe insurmontable, le malaise vagal.
Nausées et vertiges, chaleurs, suées, fourmis,
Il vient et c’est le drame : à moi l’hypoxie.

Quand d’aucuns vacillent devant un flot de sang,
Bien d’autres s’étouffent sous les vomissements.
S’il fait chaud, qu’on boit trop, c’est après l’apéro.
Ou à dix-huit heures dans la foule du métro…

Mon truc à moi, pourtant, c’est pas l’hémoglobine.
Ni les odeurs, les gens, ou encore la bibine.
Ah ! Il faut que je fasse mon intéressant…

C’est toute la douleur, du souffle à l’hurlement,
De ce cri retenu jusqu’aux draps qu’on agrippe,
De ces yeux malheureux, des mains qui vous attrapent,
De ces mines glacées et qui soudain se tordent,
Ces liquides qu’on extrait, et qui à chaque goutte,
Arrachent un soupir qui se meurt en silence…
Et ces milles douleurs font briller l’impuissance,
Des soignants confrontés au spectre qu’ils redoutent…

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