Un bruit de sabots

Le zèbre galopant fait pâlir l’étalon
Traversant les couloirs aux murs blancs d’hôpital
Les salles d’attentes, cabinets ou maisons.
Le brillant diagnostic qui n’est pas un cheval.

Ces atypiques cas éveillent nos consciences,
Bousculent le cortex las de nos cerveaux lents,
Le myocarde assoupi éjecte un nouveau sang
Portant les souvenirs de cette vieille science.

Reprendre pas à pas histoire et examens,
Une douleur par ici, un symptôme par-là,
Rassembler un faisceau, et tisser tous les liens.

Quand une idée surgit, qu’elle ne nous trompe pas :
Le zèbre camouflé rit d’un air supérieur
Du cheval prétentieux mais piètre imitateur !

Un soupçon nécessaire

Scores, indices et taux, pronostics numériques
Vos calculs et totaux, pour sûr très spécifiques
Ne donnent que du vent à l’heure fatidique
Où l’on dit au patient son sombre diagnostic.

En veux-tu des pourcents, chiffres ésotériques,
Des rapports vraisemblants, promesses chimériques,
Des batailles d’experts, prouesses statistiques,
Aux desseins bien divers, clin d’œil pharmaceutique…

Et quand l’humain souffrant n’est plus une donnée,
Quand le sujet pensant souhaite être soigné,
La blouse démunie se débrouille à tatillon !

La médecine est Art et se veut holistique,
La science est un outil mais non sans réflexion :
Il faut d’humains regards et un soupçon d’éthique !

Gauss