Le syndrome de susceptibilité inappropriée

Soigner, par essence, c’est violent. C’est faire face à une vérité presque inacceptable : nous allons tous, un jour ou l’autre, mourir. C’est lutter contre une tendance « naturelle » qu’a notre corps à faiblir, à défaillir, et à tomber. C’est faire se dresser des êtres humains, en blouse, nus ou en civil, pour en aider d’autres à se relever, encore une fois, avant la dernière chute, qui viendra de toute façon. « La plus grande gloire n’est pas de ne jamais tomber, mais de se relever à chaque chute » (Confucius). Il faut, je crois, une bonne dose d’espoir, de dévotion et d’amour pour ne pas céder à la tentation facile de penser le soin comme un acte vain, une victoire éphémère sur une vie transitoire, mais bien comme le ciment d’une société humaine. De l’espoir, de la dévotion, et de l’amour. Des projections subjectives accompagnées d’idéaux d’abord, une forme de rationalisme ensuite, et des émotions qui nous unissent enfin. Comment, en étant si impliqué.e.s, de l’esprit jusqu’aux tripes, ne pas se sentir profondément blessé.e.s lorsqu’une critique vient éclabousser ce soin auquel on prête tant d’importance ?

Vous connaissez le contexte. Les altercations toujours plus violentes, toujours plus explosives, toujours plus ravageuses qui divisent les soignant.e.s entre elles/eux, les patient.e.s, les citoyen.ne.s, les groupes, les amitiés même parfois. Les soignants bientraitants maltraités, les patients traités bien et mal, l’administration maltraitante à bon dos, et la politique bien sûrement à l’origine de tous nos maux. Le coupable idéal : un peu de personne ou beaucoup de tout le monde. Ai-je écris « coupable » ? Certes. Laissez-moi vous parler de mes dernières ruminations : le syndrome de susceptibilité inappropriée.

Tout part d’un constat un peu simpliste. Lorsqu’une critique est émise, et qu’elle porte sur un domaine où chacun serait concerné et aurait son mot à dire, par exemple à tout hasard, le système de santé français et notamment les relations entre soignants-usagers-administrateurs-etc (donc pas un sujet hyperspécialisé tels que les transferts de plasmides vecteurs de résistance aux antibiotiques chez les Escherichia coli enterotoxinogènes, au hasard), cette critique est reçue par les principaux concernés de deux grandes manières schématiques différentes. Dans un premier cas, les plus concernés par les affirmations de la critique (par exemple, les soignant.e.s effectivement et consciemment maltraitant.e.s qui ne souhaitent même pas se remettre en cause, les patient.e.s effectivement irrespectueuses/eux au sens du respect que chaque être humain doit à ses congénères dans tout contexte, ou encore un.e administrateur.trice consciemment et volontairement sadique) s’en contrefichent, voir s’en amusent et se réfugient dans un corporatisme traditionnaliste (pour la suite de l’exemple, je résume au domaine médical puisque c’est celui qui je connais le plus). Dans un second cas, les moins concernés par les affirmations de la critique sont paradoxalement les plus affectés. Blessés, se sentant attaqués alors même qu’ils s’évertuent à soigner dans un environnement qui, du fait de leurs efforts, ne correspond plus aux éléments de la dite critique, ils se protègent en rejoignant celles et ceux qui partagent leurs points de vue. Sans le vouloir, ils donnent l’impression d’eux aussi se protéger derrière une forme de corporatisme. Ce corporatisme assumé ou involontaire contribue alors à donner l’impression d’une négation de la critique, de nier les points qu’elle soulève et génère un phénomène de persistance des comportements dénoncés : en effet, les soignants qui se fichent de la critique et ne se remettent pas en question continueront de pérenniser des actes critiquables, et ceux-ci seront d’autant plus « visibles » (ou remarqués) par celles et ceux qui les dénoncent. Cette persistance va alors alimenter des clivages entre soignants et patients (et entre soignants eux-mêmes) notamment puisque les corporatismes « refuges » seront assimilés à tort au même « corporatisme ». Ces clivages seront bien évidemment entretenus à loisir pour des enjeux politiques (les scrupules de certains personnages se disant politiques n’étant bien évidemment pas au rendez-vous), et la critique n’en deviendra que plus acerbe, détournée, non-constructive entretenant un cercle vicieux.

Syndrome de susceptibilité inappropriée

Pourquoi les moins concernés sont-ils les plus affectés ? L’une des hypothèses serait que comme le soin véritablement humain, nous venons de le dire, nécessite une telle implication affective, rationnelle, spirituelle, et que sa pratique entraine un changement des conditions d’exercice (plus humaines donc), le professionnel de santé ainsi critiqué a le sentiment d’exercer dans un environnement qui ne correspond pas aux attaques (même constructives). Il est ainsi comme victime d’une terrible injustice, « mis dans le même sac » que des confrères dont les efforts ne sont pas les mêmes, et la bientraitance, pour peu qu’elle soit comparable, bien moindre. Il est normal et logique que ce professionnel soit meurtri (il semble moins logique que son confrère s’en foute, mais à bien réfléchir, les mécanismes de défense par le déni sont parfois bien efficaces surtout quand ils sont entretenu dans une communauté). Et on comprend aisément alors que, face à une critique généraliste, les premiers arguments avancés soient « moi, dans mon service/cabinet/etc., ça ne se passe pas comme ça, par conséquent, votre critique est nulle et non avenue ». Puis, pour peu que la critique provienne d’un professionnel n’exerçant ni la même spécialité, ni n’étant un professionnel du soin (Pasteur qui n’était pas médecin a-t-il eu raison d’émettre ses théories sur l’hygiène pour éviter la transmission des bactéries, d’être raillé pour son audace de pauvre biologiste, puis reconnu comme un génie à travers le monde entier ?), viendront les remarques du type « vous ne savez pas de quoi vous parlez ». Des remarques justifiées, quelque part, par le fait que ces professionnels de santé critiqués mais scrupuleux ont justement tenté de corriger les éléments que la critique soulevait ! Forcément, la critique n’est pas, ou peu, applicable à leur pratique puisqu’ils ont déjà sentit les problèmes et les ont en grande partie – parfois entièrement – rectifiés. Or, celles et ceux qui devraient entendre ces critiques pratiquent à merveille l’art de l’autruche collective au plus haut niveau.

Dans les remarques constructives à l’égard des critiques peut surgir la tyrannie du chiffre. Le propre du soin est justement d’être toujours contextuel, chaque situation est unique, et si on souhaite offrir la même chance à chaque patient, on sait très bien que la contingence fera que certains auront intrinsèquement ou extrinsèquement plus de chance que d’autres. Le facteur humain vise justement à appréhender ces différences, et à optimiser les chances de chacun, dans la mesure du possible. Voilà peut-être en partie pourquoi le métier de soignant ne peut être pratiqué par des robots et pourquoi prendre soin humainement des soignants (un enjeu éthique majeur) est nécessaire pour qu’ils puissent poursuivre le déploiement de leur humanité auprès des patients (sait-on jamais que le message passe – allo les politiques ?).

Le problème des situations dites « anecdotiques » est un faux problème. Si ces situations surviennent, si des témoignages en racontent, nier leur importance par un prétendu caractère anecdotique est nuisible à l’amélioration des pratiques. Cela n’est pas sans rappeler la question des femmes violentées par leurs proches : combien en sont les victimes ? Combien seulement en témoignent ? Combien encore sont entendues ? Enfin, combien de celles qui n’ont pas pu parler s’en sortent ? De cet exemple survient une autre conclusion : critiquer en dénonçant ce qui ne va pas, ce n’est pas de la violence gratuite, c’est pour mieux rectifier. On ne peut pas résoudre un problème que l’on n’a pas clairement identifié. Une affirmation que Descartes démontrerait très bien (cf Discours de la méthode).

Ces développements nous amènent un instant à la question de la critique. Qu’est-ce qui rend une critique acceptable, au sens de constructive et apte à permettre l’amélioration des pratiques ? Quels sont les éléments qui permettent à une critique d’engager une réflexion commune et de ne pas déchaîner les susceptibilités de chacun en des altercations violentes, stériles et dérisoires ? Comment amener chaque citoyen, chaque usager, chaque professionnel à contribuer à un échange de points de vue, afin de faire émerger des solutions nouvelles et appropriées aux situations dont on ne cherche ni à remettre en cause l’existence, ni à leur attribuer un parfait coupable ? Comment comprendre l’intérêt d’une généralisation (« les médecins sont maltraitants ») en ce qu’elle a de volontairement provoquant pour ainsi, peut-être, donner la parole à ceux qui s’en détachent (« je suis pourtant médecin, et je fais mon possible pour ne pas être maltraitant : nous ne sommes pas tous maltraitants ! ») et faire émerger le débat ? S’agit-il d’une bonne stratégie pour instaurer un dialogue entre tous ? Qui a le droit de critiquer, questionner, contribuer à rectifier le soin ? Ne sommes-nous pas là dans une situation typique pour la pratique d’une véritable éthique (concrète, appliquée, participative) ?

Dans les principaux déterminants des critiques actuelles, j’ai l’impression qu’il y a deux déterminants essentiels à prendre en compte. Tout d’abord, les échanges récents sur twitter se sont justement déroulés sur les réseaux sociaux. Or, il y a là nécessairement un biais de sélection majeur. Quelles sont les personnes amenées à vouloir partager leur quotidien de soignants, de patients, de professionnels, de citoyens sur twitter ? Quelle sélection opère-t-on lorsqu’on choisit de suivre ou ne pas suivre tel ou tel compte ? Il y a fort à parier qu’une bonne proportion de soignants « bientraitants » (histoire d’entretenir clivages et stéréotypes) soient justement sur twitter et subissent de plein fouet les critiques du soin, dont la propagation par les réseaux sociaux est un incontournable, l’information de manière générale circulant désormais majoritairement par les mêmes réseaux. Le deuxième facteur, très intriqué, correspond justement à la constitution de groupes qui vont ou non donner du crédit à la critique. Certains personnages vont ainsi avoir une forme de crédibilité intrinsèque, perçue ou non, et la réputation en termes de retweet ou d’e-réputation va entrainer une surexpression de certaines critiques par rapport à d’autres. A titre d’exemple caricatural à l’extrême, si Martin Winckler prend la défense des patient.e.s, on trouvera peu de candidats comparables pour « prendre la défense des soignants » (encore que cet exemple improvisé montre par les termes de « prendre la défense » que l’idée d’une confrontation médecins-patients semble presque un a priori fondamental constituant une entrave à la réception de critique de façon constructive, je vais y revenir).

Comment justement recevoir une critique ? Je me place dans la posture du soignant, bien qu’encore trop étudiant plus que soignant, je vous l’accorde. Recevoir la critique est une forme d’exercice réellement philosophique pour ne pas subir de plein fouet une susceptibilité inappropriée. Ayant eu la chance de pouvoir suivre un cursus d’éthique en parallèle de mes études médicales, cursus débordant de philosophie stoïcienne notamment, d’existentialisme également et d’autres philosophies plus ou moins modernes, j’ai pu acquérir une forme de recul par rapport à ce qu’on essayait de m’apprendre en médecine puisque je questionnais le soin en philosophie, alors même qu’on me l’enseignait. La double posture, qui plus est, étudiant/soignant permet également de se dédouaner d’une certaine responsabilité en se disant par exemple « ok, effectivement, c’est pas terrible de soigner comme ça ; faisons en sorte, plus tard, de prendre ceci en compte pour le changer et rendre ce soin plus humain ». Je pense que face à une critique du soin, il convient de gérer ses émotions, ses pensées rationnelles et spirituelles. Forcément, en lisant que les médecins sont des brutes, quand on s’évertue à remplir son rôle avec empathie, attention, délicatesse, respect des autres, etc. lors d’une garde épuisante mais pas seulement, tous les jours également, on peut avoir des envies de meurtre. Quoi ? Tous ces efforts, que ça soit des retours beaucoup plus tardif chez soi parce qu’une situation l’exigeait, des prises de têtes monumentales avec des patients en colère – et qui avaient sans doute raison de l’être – afin d’arranger les choses sans s’imposer ou se défiler, ces moments de doutes et d’angoisses confrontés à des instants difficiles… pour ça ? Pourtant, une lecture plus mesurée impose de saisir l’enjeu avant – et pour éviter ainsi – de le transformer en attaque personnelle.

Saisir l’enjeu, c’est aussi accepter de faire l’effort de comprendre le point de vue du/des rapporteur(s), même si on ne le partage pas. Comprendre n’est pas nécessairement excuser. Je comprends par exemple qu’un patient raciste refuse de se faire examiner par un médecin d’un phénotype qui lui déplairait. Je ne l’excuse en rien. Je comprends qu’un.e patient.e puisse avoir envie de s’attaquer physiquement à un médecin qui ignore, minimise ou semble ne pas se préoccuper de sa douleur ou de celle de ses proches. Je ne l’excuse pas, selon mon sentiment que le respect est un partage mutuel et que son caractère ainsi « bidirectionnel » est inviolable. Mais comprendre permet de se défaire un instant de son point de vue, dont de se rendre presque hors de portée d’une attaque, et force l’exercice philosophique. Quel est l’enjeu, quel est le message, quelle sont les déterminants et aboutissements de cette critique ? Il s’agit également de dépasser les généralités, de recontextualiser et de ne pas surinterpréter des propos qui sont peut-être, à l’origine, les mêmes que ceux qui ont déterminé notre pratique soignante. Enfin, la discussion peut alors opérer, ou chacun a conscience d’échanger son opinion sans vérité absolue d’un côté ou de l’autre, dans une démarche constructive. On peut alors se référer à certaines réflexions comme l’éthique de la discussion d’Habermas pour s’assurer un échange constructif et pertinent.

Parce qu’il y a quelques années, sur twitter, une communauté de soignants et non-soignants ouverte et paisible éclairait les étudiants en médecine débutant sur ces vérités du soin qu’on ne trouve nulle part ailleurs que parmi celles et ceux qui ont le souci humain de l’autre. On avait un petit havre de paix, d’échange, de blogs et d’esprits. Il y avait des hashtag pour relever les billets des uns et des autres, il y avait des débats sans grands clivages ou autres bashings. Il y avait des livres qui sortaient et qu’on se recommandait, des dessins pertinents, des idées nouvelles comme des positions gynécologiques « à l’anglaise » et illustrées. Il y avait des histoires saisissantes qui nous faisait réfléchir, et qui nous ont fait évoluer.

L’un des premiers « enseignements » qu’un enseignant de la faculté a essayé de m’inculquer lors de mon tout premier stage de sémiologie en 2e année de médecine a été, après être revenu de la chambre d’un patient que j’avais arrêté d’examiner puisqu’il en avait assez : « il va falloir que tu apprennes que c’est toi le médecin maintenant : c’est toi qui décide quand tu examines, si tu examines, où tu examines ». Si je n’avais pas trouvé ce twitter réconfortant, si je n’avais pas raconté ce genre d’histoires, si je n’avais pas reçu des messages de celles et ceux qui en avait vécu des similaires, bref, si à un moment donné on n’avait pas dénoncé, critiqué, d’une façon ou d’une autre, ce soin qui nous rend aussi fous qu’on en est fous, alors peut-être qu’on serait loin encore du changement qui se profile, et dont les critiques actuelles semblent seulement vouloir dire : allons-y, progressons vers plus de partage, plus de points de vue mis en communs, plus d’éthique et plus d’humanité. Oui, aujourd’hui, en fac de médecine en France, on commence à apprendre qu’on peut poser un DIU chez une femme nullipare. Mais on entend encore des enseignants demander « quelle prise en charge allez-vous imposer à votre patient ? ». Oui, aujourd’hui, l’enseignement par simulation se développe. Mais on lit encore des étudiants qui apprennent des TV sous AG, sans consentement explicite, sans avoir la possibilité de refuser au risque de se faire invalider. Oui, aujourd’hui le souci éthique émerge. Mais on en voit encore la carence profonde au travers des situations que les étudiants peuvent vivre à l’hôpital.

Pourtant, sur twitter plus qu’ailleurs, on le sait bien : nous sommes tous d’accord pour une vision humaniste du soin. Ne nous forçons pas à choisir un « clan », ne doutons pas d’utiliser tel mot, de retweeter telle personne, de s’insurger contre un phénomène de peur d’entretenir des clivages qui n’ont pour seul fondement une susceptibilité ô combien compréhensible, mais trop destructrice par le biais des systèmes de défense qu’elle implique, alors même que nous nous battons pour la même chose. Le soin de demain se construit dès aujourd’hui, et l’enjeu présent consiste peut-être à réapprendre à… discuter.

Syndrome de susceptibilité inappropriée

Edit du 06/10/2016 :
Les nombreuses réactions me poussent à préciser quelques éléments. Tout d’abord, il ne s’agit pas là d’une plaidoirie pour ou contre le dernier ouvrage de Martin Winckler. Les critiques du monde soignant ne se résument pas à cela. L’intérêt premier de cette réflexion était partie du constat que je faisais, sur twitter notamment, de ces soignants « les moins concernées » qui se retrouvaient les plus blessés par les critiques. La dichotomie présentée sur le schéma ci-dessus est essentiellement didactique. Bien sûr qu’il n’y a pas les « bons soignants » d’un côté et les « mauvais de l’autre ». Je pars toutefois du principe que la critique envers le soin existera toujours. C’est une forme d’enrichissement si et seulement si elle est constructive, elle nous permet alors de nous améliorer. Cela nécessite donc une réflexion sur la critique en elle-même : qu’est-ce qui fait qu’une critique est constructive et recevable ? Comment doit-elle être passée ? etc. Je prends également comme postulat que les soignants les plus concernés par ces critiques ne réagiront probablement jamais à ces remarques, puisqu’ils ne se remettront jamais en questions, ni ne rencontreront ces critiques (qu’au mieux, ils dénigreraient). Alors non, il ne s’agit pas non plus de trouver un responsable et d’accabler encore davantage les soignants investis qui, souvent cibles et proies d’un système à repenser (allô les policitiens, ça fait deux fois en un article !), font des efforts colossaux. Et on peut comprendre la lassitude à se battre, parfois contre des adversaires qui donnent l’air d’être des moulins à vent. Je ne fais qu’essayer de comprendre pourquoi ces critiques, débarrassées de leurs aspects généralisant et culpabilisant (mais est-ce là un gage d’une critique constructive ? Je ne pense pas), éveillent tant de souffrance et de rejet de la part de soignants qui, par leurs pratiques, essayent pourtant de corriger les points dénoncés. 
Le nom de syndrome de susceptibilité inappropriée venait d’une sorte de jeu sur l’abrégé « ssi » (si et seulement si en mathématiques), pour dire « le soin s’améliorerait encore ssi nous savions communiquer ». Un peu tiré par les cheveux, mais ayant rédigé cet article tard le soir, le jeu de mot est passé à la trappe. Je m’excuse donc pour celles et ceux qui se sont senties blessées par les mots employés. Susceptibilité pour moi ne renvoie pas forcément à quelque chose de péjoratif. Mais qu’importe mon avis, c’est une blessure de ma part et je vous demande pardon. De même pour le terme « inapproprié », utilisé ici pour montrer que la cible de la critique n’est paradoxalement pas celles et ceux qui réagissent. Sur twitter, on m’a proposé plusieurs autres termes : « injustice », syndrome de la cible inadéquate, ou encore « syndrome de la solidarité contre-productive ». Trouvons ensemble les termes qui nous conviendront le mieux 😉

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41 réflexions au sujet de « Le syndrome de susceptibilité inappropriée »

  1. C’est très intéressant. Et beau sur le papier.
    Et bien sûr nous devrions réussir à nous détacher de toutes ces critiques que nous prenons pour nous alors que nous ne le devons pas. Mais quand tu entends, ici, à la télé, dans le journal « les médecins qui ne s’installent pas » « les brutes » « les médecins ceci cela », à un moment ta marmite est pleine, parce que ça s’accumule, car tu es quand même visé, vu qu’après on te rappelle que tu fais partie d’une caste.
    Ces attaques répétées sont le signe d’un vrai problème de notre société. D’autres catégories professionnelles sont régulièrement montrées du doigt, les profs, les policiers, uniquement des gens visibles, pas des financiers dans des tours d’ivoire. Une société qui a besoin de créer des boucs-emissaires est une société au bord de l’explosion.

  2. Quand l’étudiant enseigne à l’enseignant … Merci pour ce très beau texte etla réflexion qu’il stimule !

  3. Quelle société épouvantable où on devient tous l’ayatollah de l’autre !

    Je ne vois pas la différence de fond entre dire à un médecin « vous autres médecins, vous êtes des nantis qui maltraitez les patients » et dire à un patient en surpoids « vous les obèses, vous bouffez n’importe quoi et vous coutez cher à la société ». Médicophobie versus grossophobie ?

    Et la bienpensance qui distribue les bons et les mauvais points …

    • Bonjour,
      Ne vous inquiétez pas. Pour éviter les spams publicitaires ou les incitations à la haine et autres contenus ne respectant pas la législation française, en tant que responsable d’un point de vue juridique de ce qui se trouve sur mon blog, je me permet de valider les commentaires avant qu’ils n’apparaissent sur le blog.
      Merci pour votre message 🙂

  4. Bonjour,
    Merci pour ce texte qui montre qu’il y a des gens qui réfléchissent… et qui ouvrent l’esprit.
    Je me permets plusieurs commentaires.
    1) Vous ne répondez pas à la double problématique wincklerienne, celle de la lutte des classes comme modus explicandi et celle du mépris des autres, forme élégante du mépris de soi, cache-misère du ressentiment.
    2) Non, le soin n’est pas violent par essence. Ce qui peut être violent c’est le rapport entretenu pendant le soin, c’est l’asymétrie soignant/soigné, c’est la violence institutionnelle de la médecine telle qu’elle est construite dans notre culture, en général.
    3) L’enseignement de la médecine est doublement déficitaire pour ce qui est de l’éthique comme objectif inatteignable et pour ce qui est de la morale comme relation interpersonnelle (empathie et non bienveillance). Ce n’est pas un problème de classe mais de pouvoir (vous me direz : c’est la même chose).
    4) La défense jusqu’au-boutiste des patients en tant que victimes/souffrants est à la fois une imposture morale et une impasse idéologique et n’est pas une réponse au corporatisme mais MW n’en a cure.
    5) Je ne peux développer, il me faudrait du temps : la démédicalisation de la société est pour l’instant une donnée peu développée par les associations de patients qui en demandent toujours plus.
    6) Plus polémique : MW est un des principaux défenseurs de la médicalisation de la femme.
    Bonne journée.

  5. Magnifique réflexion, je craignais de tomber sur les réflexions d’un bébé Wincker et franchement chaque ligne donne de la matière philosophico-éthique à discuter et retravailler.

    Pour revenir sur le chapitre du début, ceux qui sont réellement concernés font en effet comme si de rien n’était. Ceux qui ne le sont pas ont cette tendance à surréagir, se sentant injustement attaqués. Mais le plus gros défaut du corps médical dans cette affaire, c’est que souvent, il sait mais il se tait. On appelle cela la déontologie médicale. Elle entraine, sous couvert de confraternité, une oppressante loi du silence qui protège ceux dont beaucoup connaissent les pratiques criticables, mais n’osent pas les dénoncer. Parce que les dénoncer met dans la situation de lanceur d’alerte, et cela retombe sur celui qui voulait faire le bien. Quand à se mettre à plusieurs pour dénoncer, chez les médecins c’est un rêve pieux. Toujours à dire ce qu’il faut faire, mais peureux et timorés dès lors qu’il s’agit d’agir.

    Résultat, on se tait collectivement, alors que l’on sait beaucoup de choses. Et ça laisse la porte ouverte aux grandes gueules style MW qui viennent ensuite démolir le corps médical dans son ensemble. Je déteste sa manière de faire, sa manière de se sentir au dessus du lot, mais en même temps, quelque part, notre silence médical, la non action devant des praticiens aux pratiques limites, et que l’on connait, ouvre les portes à la critique collective de la profession. C’est cette inaction collective du corps médical quand au réflexions comportementales individuelles qui est à mon sens une fragilité majeure pour la profession.

    • J’adhère complètement à la réflexion de M@rion sur la loi du silence qui est la règle chez les médecins et qui génère ces réflexions et problématique : oui il est interdit aux médecins de dénoncer leurs confrères « maltraitants » ou plus généralement ayant des comportement non éthiques.

    • Bonjour

      Belle réflexion sur le monde de la santé, que j’apprécie, cela m’est agréable de lire qu’un futur médecin pense à l’éthique. Je n’ai pas votre niveau d’étude, cela n’empêche point de comprendre le monde comme il est. Je suis du côté des patients, à un moment donné de ma vie, j’ai été un grand malade. aujourd’hui c’est du passé. Je fais plus attention à moi, mais aussi aux traitement médicaux qu’on m’a proposé, que j’ai décidé de ne plus prendre, à cause des effets secondaires. J’ai essayé de comprendre, de chercher ailleurs d’autres diagnostiques, de virer vers des médecines alternatives ou censurées, du moins en France. Je lis, je me documente, tirer le vrai du faux, pour aller mieux. et chaque jour ma vie S »améliorer. Se prendre en charge, se responsabiliser, un atout pour moi..
      Quand les fac de médecine seront plus indépendantes vis à vis des Grands Labos, peut être le monde deviendra t-il meilleur. J’espère que je ne serais pas censuré !

    • Bonjour

      Belle réflexion sur le monde de la santé, que j’apprécie, cela m’est agréable de lire qu’un futur médecin pense à l’éthique. Je n’ai pas votre niveau d’étude, cela n’empêche point de comprendre le monde comme il est. Je suis du côté des patients, à un moment donné de ma vie, j’ai été un grand malade. aujourd’hui c’est du passé. Je fais plus attention à moi, mais aussi vais vers des médecines alternatives ou censurées, du moins en France. Je lis, je me documente, tirer le vrai du faux aux traitement médicaux qu’on m’a proposé, que j’ai décidé de ne plus prendre, à cause des effets secondaires. J’ai essayé de comprendre, de chercher ailleurs d’autres diagnostics, de v du faux, pour aller mieux. et chaque jour ma vie S »améliorer. Se prendre en charge, se responsabiliser, un atout pour moi..
      Quand les fac de médecine seront plus indépendantes vis à vis des Grands Labos, peut être le monde deviendra t-il meilleur. J’espère que je ne serais pas censuré !

  6. Merci pour cette longue reflexion, jamais lue ailleurs pour ma part,
    Tu es apparemment étudiant « encore », et ton regard philosophique parait très sain , et non megalo-parano ( des etudiants en manque de repere croisés souvent…) de notre pratique. Bravo, tu es très en avance, il faut des années de pratiques à la plupart d entre nous pour penser 1/10e de tes reflexions ( cf la longueur de nos réponses…)
    Alors rends service à tes futurs patients, ta qualité evidente est celle primordiale en med G ( evidemment aussi a toutes les specialités) , stp , ne fait pas de la santé publique, please .
    Un jeune Med G qui a appris pas mal de trucsce soir

    • Merci énormément pour ce commentaire et votre lecture !
      Vos compliments me touchent beaucoup, particulièrement en cette année de DFASM 3 (D4)…
      Je vous rassure immédiatement : la médecine générale me tente considérablement 🙂
      Merci encore.

  7. Bonjour

    Juste une remarque : ceux qui commentent, ont-ils lu le livre de Winkler?
    C’est un mal très « français » que de commenter un livre sans l’avoir lu.

    • A défaut de commenter un livre, il est possible de commenter des accusations et des conseils rapportés par une journaliste connue pour son sérieux In
      http://www.lepoint.fr/editos-du-point/anne-jeanblanc/les-medecins-sont-ils-des-brutes-05-10-2016-2073690_57.php

      « gardez à l’esprit que c’est le médecin qui a des obligations à votre égard, et non l’inverse »
      Est-ce bienvenu dans un pays où les médecins libéraux et hospitaliers sont fréquemment victimes d’agressions verbales voire physiques et d’exigences inconsidérées en prescriptions et arrêts de travail du fait de patients qui pensent déjà trop que les médecins sont à leur service ?

       » si vous avez le sentiment d’être face à une discrimination, dites-le immédiatement et refusez de vous déshabiller avant d’avoir été écouté(e).  »

      Rien d’exagérer ici non plus pour vous ?

       » si le médecin tente trop de faire pression sur vous, sortez et partez sans payer. »

      Je comprends que cet auteur ait cessé l’exercice de la médecine générale avec ce conseil donné aux patients d’un pays où les praticiens en secteur 1 subissent des honoraires bien plus bas qu’au Canada.

      Je suis une militante engagée pour une réforme des conseil de l’ordre qui pourrait obliger la minorité de médecins français insensible aux obligations éthiques de la profession autant qu’aux critiques qu’ils reçoivent à amender leur conduite inacceptable.

      Je en vois pas comment la démagogie et les outrances de cet auteur vivant au Canada pourraient responsabiliser les patients français et amender les pires conduites d’une minorité de médecins.

      • Bonjour,
        Les médecins étaient des prescripteurs et ils sont devenus des prescrits.
        Ils n’ont plus le droit à la parole.
        Puisqu’une technique, puisqu’un médicament existe, le patient revendique le droit de se le faire prescrire. Et il cahngera de médecin jusqu’à ce qu’il obtienne satisfaction. On est loin du livre de Winckler mais on est en plein dedans : selon lui les patients ont toujours raison. Et ils auraient même le droit de prendre de mauvaises décisions avec l’aaval du médecin.
        C’est du consumérisme pur et simple et il semble que les associations de patients soient d’accord avec cela : du consumérisme. Eh bien, permettez-moi de dire non. Pas non par paternalisme mais non par éthique.
        Bonne journée.

        • Comme notre hôte philosophe et que votre blog montre votre culture, je me pense autorisée à faire référence à la théorie de Platon quant à l’avènement du temps des démagogues (suivi de celui des dictatures) quand la valeur de respect s’est perdue dans une société.
          En médecine il s’agit autant du respect des médecins pour leurs malades, que celui des malades pour leurs médecins contrairement aux péroraisons ( promotionnelles de son dernier ouvrage) de Martin Winckler qui sait si bien séduire les médecins qui le défendent et les féministes alors que sont comportement met les femmes en danger.

          En éthique médicale, le manque de respect et la violence d’un donneur de leçon démagogue mettant de facto tous les médecins dans le même panier des « tous sadiques » et tous les patients dans la catégorie des victimes passives sont moralement répréhensibles autant que médicalement dangereux et psychologiquement improductifs voire destructeurs dans certains cas (par exemple, dans les cas d’hypochondrie post-ménopause qui appellent un traitement par oestrogènes, sauf contrindication, mais certainement pas une recherche acharnée de pathologie d’organe aboutissant à des sur-diagnostics souvent et des sur-traitements presque toujours.)Autre exemple de démagogie irresponsable: Conseiller à toute patiente s’estimant maltraitée de déposer plainte entre les mains des procureurs -ou de tenter de le faire dans les commissariats. Ce conseil peut couter très cher psychologiquement et en frais d’avocats pour risquer aboutir à une condamnation pénale pour dénonciation calomnieuse car les médecins ont des assureurs payant des avocats aussi longtemps que la lente justice française le nécessite. L’ordre des médecins est aussi loin d’être tendre avec les plaignants et j’ai reçu, hier encore, sur Twitter hier des protestations d’une femme se disant victime de viol d’un psychiatre et maltraitée par le conseil de l’ordre.

          (Je ne suis pas contre le fait de déposer plainte. Je l’ai fait moi-meme contre des élus du conseil de l’ordre en 2008 suite à des mesures de rétorsion, mais je possédais des preuves écrites de faux grossiers, je suis issue d’une famille italienne qui comprend beaucoup de juristes. Il faut savoir ce que l’on va affronter dans un pays où la justice est à deux vitesses et les avocats diligents, compétents demandent volontiers 200 à 300 € hors TVA d’honoraires par heure de travail.)

    • Avec une culture littéraire solide, il est tout à fait possible de commenter un texte sans l’avoir lu, comme vous le dites. En réalité, il suffit de ne lire que les premières lignes d’un roman (ou le premier chapitre) pour se faire une idée de sa qualité. La maison d’édition en dit aussi beaucoup, sans parler de l’auteur en lui-même.
      MW ne versant – pour moi – dans aucune littérature, ni de près, ni de loin, la critique peut sembler délicate. Ou pas. Je sais en tout cas pourquoi je ne le lirai pas.

      Je ne lui trouve aucune légitimité à brutaliser (sic) la médecine française comme il le fait. Pour la simple raison qu’il n’a plus les pieds dedans depuis un certain temps. Qu’un médecin expatrié au Canada intervienne dans les médias pour parler de la médecine en France me laisse la même impression que lorsqu’un chirurgien est interviewé pour parler du suicide des généralistes ou des infirmiers… C’est trop facile. Concernant son livre (les quelques extraits lus sur le net ont suffit à me faire une idée de sa qualité intrinsèque), je trouve la démarche malhonnête et l’intention opportuniste. En plus d’être tout à fait mal venu dans le contexte de tensions que nous connaissons actuellement.

      • C’est vraiment éclairant comme affirmation : commenter un livre sans l’avoir lu serait donc pertinent. Comme sans doute, un film sans l’avoir vu, un pays sans l’avoir visité.
        Les faits et la « réalité » sont donc de peu d’importance par rapport à ce que l’on pense.

        • La violence dans les soins, en tant
          qu’infirmière, je me la prends tous les jours, j’ai les deux pieds dedans, je la connais pas coeur. Les patients broyés, je les côtoie tous les jours aussi. Je sais reconnaître une injustice, l’indifférence d’un médecin ou d’un infirmier lors d’un soin douloureux, les mots durs qui sortent parfois, les dégâts qu’ils ont laissé derrière eux. Je les répare comme je peux avec les moyens du bord.

          Les faits, la réalité et l’analyse de MW, appartiennent à Mw. Contrairement à d’autres auteurs (je pense à Mary Dorsan, pour Le présent infini s’arrête, qui parle avec beaucoup de justesse, de respect, – de talent – sans une once de misérabilisme, de la difficulté à prendre en soin des adolescents dans un service de psychiatrie, de leur quotidien, de leur vie, de leurs souffrances). Je n’ai pas besoin des lumières de MW pour éclairer de mon quotidien.

          • Merci infiniment de ces réponses! Il faut noter d’ailleurs qu’aucun des admirateurs médecins français de MW sur Twitter n’a voulu défendre, à ma connaissance, les aides-soignantes et infirmiers publiquement conspués par la presse judiciaire alors qu’ils avaient été les victimes de harcèlement moral du fait de la manière irresponsable avec laquelle le Dr Nicolas Bonnemaison terminait la vie de malades -en particulier une fois pour gagner le pari d’un gâteau au chocolat contre l’avis d’un neurochirurgien qui avait décidé de ne pas faire subir d’acharnement thérapeutique à une personne humaine -disposant d’une famille aimante désirant dire au revoir à une femme victime d’ hémorragie cérébrale massive après une chute survenue alors qu’elle était encore pleine de vitalité avant cette chute. Cette famille obtiendra finalement en appel une condamnation légère du Dr Bonnemaison pour avoir décidé seul de terminer, furtivement en plus, la vie d’une personne qui ne souffrait pas en raison de s apathologie, n’avait pas eu le crâne ouvert puisque le neurochirurgien avait renoncé en accord avec le fils de la patiente à tout acharnement thérapeutique, aurait été d’aspect calme et apaisé-d’après l’aide-soignante qui témoigna aux procès de sa souffrance du fait du comportement du Dr Bonnemaison jusqu’à ce que le Dr Bonnemaison ne la pique en profitant de l’absence momentanée du fils parti déjeuner, sans prévenir la jeune aide-soignante qui témoignera aux deux procès de sa panique en entendant sonner les alarmes et en se trouvant seule à subir une surprenante et violente agonie alors que le fils était parti déjeuner, que le reste de la famille était attendu et qu’il était prévu que cette malade s’éteigne tranquillement entourée des siens .

            Cette malade ne souffrait pas et la famille aurait eu le temps de s’habituer à l’idée de sa mort durant quelques heures et de venir l’embrasser encore vivante dans un lit d’hôpital, calme et propre grace aux soignants dont le Dr Bonnemaison détruisaient le travail d’accompagnement. des mourants et de leurs familles depuis sa reprise de travail après une hospitalisation psychiatrique. Seulement le Dr Bonnemaison avait eu besoin qu’elle meure dans l’après-midi pour gagner son pari d’un gateau au chocolat que la patiente ne passerait pas la nuit contrairement aux prévisions du neurochirurgien.

            Où étaient donc martin Winckler et surtout ses amis médecins si actifs en donneurs de leçons aux confrères sur Twitter -pour des raisons fort variées qui n’ont en commun que le résultat de faire apprécier les qualités de médecins du donneur de leçons publiques- quand il fallait défendre les infirmières lanceuses d’alerte accusées d’avoir persécuté l’innocent Dr Nicolas Bonnemaison, pour une histoire de coucherie et de jalousie sexuelle ?

            Ce que j’écris est très facile à vérifier en raison de la médiatisation des procès Bonnemaison. Par exemple:

            http://prdchroniques.blog.lemonde.fr/2015/10/16/bonnemaison-du-signalement-a-lemballement-dans-le-huis-clos-de-lhopital/

            Et ceci bien que des hommes aides-soignants et infirmiers aient témoigné de leur souffrance morale à voir les malades et les familles ainsi maltraités et méprisés par un médecin décidant seul de terminer des vies et le faisant brutalement-notamment avec étouffement par deux ampoules de curare (Nocturon) pour offrir à une famille demandant l’euthanasie de leur patient venant d’arriver aux urgences le spectacle trompeur d’une mort paisible. (Pour ceux qui ne sont pas médecins, infirmiers, aides-soignants ou pharmaciens, je rappelle que el curare paralyse les muscles sauf le coeur ce qui empêche le malade qui s’étouffe par paralysie des muscles respiratoires de proférer le moindre son et de faire le moindre geste. Aucun protocole d’euthanasie de spays qui l’utilisent ne termine des vies humaines par l’injection d’e deux ampoules de curare).

            Il y avait pourtant matière à soutenir le moral de ces femmes soignantes, éthiques et courageuses dont l’identité était connue après témoignage aux procès.
            Et si on jugeait les moralistes aussi sur leur conduite personnelle plutôt qu’exclusivement sur leurs péroraisons ?

        • Vous caricaturez et déformez les propos d’Asepsie comme l’auteur que vous défendez caricature le manque d’éthique de la communauté médicale française et déforme la réalité de la violence médicale qui est aussi le fait de certains patients et de certaines familles (par exemple ceux qui réclament l’euthanasie d’un parent ou conjoint dont ils ne veulent pas s’occuper et encore moins ruiner l’héritage avec la couteuse organisation de mort à domicile selon la volonté du patient quand la famille ne voulant pas ou ne pouvant pas assurer une présence doit utiliser l’argent du futur défunt pour payer des employés).

          Asepsie a raison quant au fait qu’il suffit de feuilleter assez longuement un livre pour se faire une idée de la qualité de contenu et du talent de l’auteur. Les librairies anglo-saxonnes offrent assez souvent de confortables fauteuils et canapés pour se livrer à cette occupation de tri afin d’acheter es livres qui vous conviennent.

          Votre auteur ne mérite pas davantage que je l’enrichisse qu’un ancien doyen et un ancien chirurgien urologue s’étant associés pour publier un fort lucratif livre anti-médical centré sur « Bad Pharma » après avoir bien profité des largesses des laboratoires durant une longue carrière…

          En suivant votre raisonnement, je devrais aussi acheter ce genre de livres ainsi que ceux des politiciens démagogues avant de critiquer les propos tenus lors d’interviews et le titre retenu pour leurs ouvrages d’auto-promotion.

          PS: Ce monsieur vit de la vente de ses livres et de leçons d’éthiques qui apprennent aux praticiens d’Amérique du Nord l’hypocrisie et installent une distance incommensurable entre eux et leurs patients. Mariée longtemps avec un universitaire travaillant avec des médecins nord-américains, j’ai fait de nombreux séjours chez des médecins US et canadiens et je connais assez bien leurs problèmes d’exercice.

          • « Je ne lis jamais un livre dont je dois écrire la critique ; on se laisse tellement influencer. »
            Oscar Wilde.

            Trêves de plaisanteries… Je me suis longtemps infligée la lecture des pensées profondes en 140 caractères de cette petite poignée de blogueurs à succès (2 ou 3, à ma connaissance), de leurs raccourcis maladroits, de leurs prises de position déconcertantes sur des sujets sérieux, sur Facebook ou ailleurs, au nom de tous les autres, soignants ou patients – je pense à la fois où l’un d’eux s’est mis à faire la parallèle grandiloquente entre trouble du comportement alimentaire et magazines, mannequins, publicité (la triade de l’anorexie pour les nuls: pour un médecin, ça fait tâche)… Avec au centre de tout ça, cette façon qu’ils ont de s’attribuer le beau rôle, de caresser amoureusement leur ego, de se flatter mutuellement.

            Ils ont eu raison de ma tolérance, jadis, à les lire même lorsque je n’étais pas toujours d’accord avec eux. Pour moi, ils ne sont plus crédibles. Il y a des essais, moins vendeurs, mais autrement plus intelligents et subtils sur les sujets abordés vulgairement par MW, des publications passionnantes, des thèses qui valent bien plus la peine d’être lus…

            Bien à vous…

          • Merci pour ce lien, que j’ai bien aimé.
            A mon tour d’en partager un avec vous, une vidéo très courte d’un essai écrit par un prof de littérature et qui s’intitule Comment parler des livres que l’on n’a pas lus ?
            Essai autour duquel je tourne depuis plusieurs années, auquel je repense grâce à vous, et que je vais commander de ce pas sur les internet… Et promis, celui-ci, je le lirai :)!

          • Cossino m’écrit le 12 10 16 à 21:28
            « Il dit un peu ce que vous écriviez mais pas uniquement à propos du titre. »

            Or, je ne commente pas un titre de livre mais j’argumente ici contre l’existence du « syndrome de susceptibilité exagérée » que la jeunesse de l’auteur excusera mais qui pourrait passer pour la création d’un sophiste désireux de se faire mousser en tant qu’éthicien tout épargnant la chèvre Winckler et le chou Lehmann à partir de mes connaissance et réflexions personnelles et de faits médiatisés qui sont une honte pour tout le corps médical français qui abandonne des infirmières et aides-soignants victimes d’un Dr Bonnemaison ou le patiente violées par un Dr Hazout ou Tordjmann qui sont publiquement conspuées pendant les procès.

            NB: Le billet d’humeur du Dr Christian Lehmann qui , selon vous, me permettrait d’écrire ce que je pense des propos très médiatisés d’un MW, ne reprend absolument pas mes accusations étayées par exemple de la théorie de Platon que j’ai citée et encore moins ma conviction de la responsabilité cruciale des conseils de l’ordre dans l’omerta médicale à la française.
            Le Dr Christian Lehmann se centre sur lui-même et accuse Martin Winckler de la trahison d’un idéal de militants de leur génération de généralistes sexagénaires pour vendre des livres et de tentative de manipuler l’image morale forte du dit Dr. Christian Lehmann en le citant et le remerciant dans un livre que ce dernier trouve indéfendable.
            Le seul intérêt retiré de la lecture du livre par le Dr Lehmann est, me concernant, que, dans ses propos très médiatisées, Martin Winkler ne se vante évidemment pas d’avoir écrit des sottises en matière d’hypertension artérielle et il n’est pas inintéressant non plus de lire les passages cités par CL où ce MW se vante d’avoir été un clinicien exceptionnel diagnostiquant des méningites comme personne, sur des signes frustres…Psychiatre, je ne suis pas surprise de cet aspect du personnage mais c’est pour moi tout à fait mineur dans le scandale de son comportement.

            http://enattendanth5n1.20minutes-blogs.fr/archive/2016/10/10/coupables-forcement-coupables-931976.html

          • Addendum et correction de la fin de mon commentaire du 11 10 à 8:55:

            Mea culpa pour avoir écrit: « Ce monsieur (martin Winckler) vit de la vente de ses livres et de leçons d’éthiques qui apprennent aux praticiens d’Amérique du Nord »

            Renseignements pris, le Dr Marc Zaffran né en 1955 à Alger utilisant le pseudonyme Martin Winckler n’aurait jamais enseigné au Québec que durant uen année seulement et, ce, comme chargé de cours sur « la création littéraire » dans le Département de littérature et langue française de l’Université Université McGill à Montreal après attribution de la bourse littéraire Mordecai Richler.

            J’en profite pout ajouter qu’une de mes amies personnelle est une universitaire québecquoise qui, outre son activité de chercheur et de directeur de thèses, enseigne l’éthique médicale dans le cadre de la formation des infirmières.
            Son activité professionnelle d’enseignement est incompatible avec le discours démagogue et les théories manichéennes et simplistes du Dr. Marc Zaffran qui, sous le pseudonyme de Martin Winckler, s’enrichit en prétendant que les malades français seraient maltraités seulement par les médecins et, ce, parce que ces derniers seraient une caste de bourgeois…
            J’en profite pour renouveler mes remerciements à Asepties qui a rappelé que les infirmiers peuvent être maltraitants. C’est évident pour tous ceux qui écoutent des patients qui ont été hospitalisés et leur famille mais contre la démagogie habile, il faut rappeler les choses évidentes plutôt que de se laisser aller à prendre des vessies pour des lanternes et des écrivains pour de grand éthiciens. Possèder un master d’éthique comme le Dr Marc Zaffran, ne garantie en rien que les connaissances glanées pendant ce master seront utilisées à bon escient et que l’étudiant qui a réussi ses examens de amster sera capable de devenir un véritable éthicien.
            Sinon, tous les titulaires d’un master de mathématiques seraient des mathématiciens et tous les docteurs en médecine seraient de remarquables médecins à tous points de vue.

          • La violence est tellement plus complexe que tout ce que Martin Winckler pourrait en dire du début à la fin de sa carrière. La violence, la maltraitance, peut importe sa forme, petite et ordinaire dans l’immense majorité des cas, je l’ai plus souvent vue du côté des aides-soignants et des infirmiers que du côté des médecins. Après, elle est à remettre dans son contexte. Etrangement, celle que j’ai croisée le plus souvent se jouait dans l’un des hôpitaux de france où les soignants se suicident le plus.

            A méditer…

  8. Il vous aura sans doute échappé qu’existent en France des conseils de l’ordre des médecins censés veiller au respect des règles de déontologie médicale.

    Que les médecins français qui ne respectent pas les règles de l’éthique médicale soient indifférents aux critiques les mieux étayées est simplement la preuve que ces conseils de l’ordre ne remplissent pas leurs missions.
    un journaliste d’investigation a publié un travail intéressant sur le conseil de l’ordre des médecins. Deux extraits de ce livre sont disponibles gratuitement sur Internet:

    http://www.atlantico.fr/decryptage/comment-conseil-ordre-medecins-protegea-gynecologue-qui-violait-patientes-rene-chiche-722846.html

    http://www.atlantico.fr/decryptage/hippocrate-au-pays-cocus-dessous-conseil-ordre-medecins-rene-chiche-722847.html

    Avant André Hazout, c’est le sexologue Gilbert Tordjman , mort juste avant de comparaître devant les assises, que le conseil d e l’ordre avait protégé contre des plaintes de patientes: http://www.lepoint.fr/actualites-societe/2007-01-19/la-chute-du-pape-de-la-sexologie/920/0/47451

    La patronne du parquet financier français a notamment déclaré que le Dr Jerôme Cahuzac a déshonoré la médecine française lors de son réquisitoire mais le conseil de l’ordre des médecins n’était pas partie civile au procès d’un couple de médecin et chirurgien esthétiques pour fraude fiscale sur des honoraires d’un montant considérable plus placement en Suisse de financement illégal par l’industrie pharmaceutique . Patricia ex-Cahuzac déclara même tranquillement lors de ce procès, d’après la presse, que beaucoup de médecins (et de dentistes) en feraient autant. Celui qui, pour la patronne du parquet financier français, serait un des plus gros fraudeurs individuels de sa connaissance ayant ridiculisé la France en étant un ministre du budget fraudeur fiscal et ayant déshonoré la médecine en fraudant massivement, ainsi que son épouse, sur leurs honoraires d’un montant considérable avec blanchiment d’argent en plus, ne reçu qu’une sanction de deux mois de suspension du conseil de l’ordre de Paris…

    Je vous renvoie au FORMINDEP pour ce qui concerne la description de conflit d’intérêts dans les préconisation de traitement non sanctionnées par le conseil de l’ordre des médecins ect

    Alors , si vos efforts sont destinés à vous faire sentir très éthique et intellectuel, continuez ainsi ! Si vous étiez habité du désir d’utiliser vos belles qualités littéraires pour faire progresser l’éthique médicale en France , vous ne sauriez faire l’économie d’une remise en question de l’organisation et du fonctionnement des conseils de l’ordre des médecins français.

    Ces conseils de l’ordre des médecins français sont une caricature de gouvernement de république corrompue d’Europe du Sud avec des confrères faisant carrière pendant des décennies pour exercer leur pouvoir avec un amateurisme dictatorial affligeant contre les médecins qui leur demandent de remplir leur mission ou se permettent de leur demander de respecter la loi comme le Dr Xavier Tarpin -condamné à une suspension d’exercice d’un mois pour avoir refusé une réquisition-tandis qu’avant que les Dr Tordjman et Hazout ne soient renvoyés devant les assises, ils furent protégés par le conseil de l’ordre des médecins:

    http://enattendanth5n1.20minutes-blogs.fr/archive/2011/01/25/l-affaire-tarpin-un-reglement-de-comptes-a-l-ordre-des-medec.html.

    Bonne continuation. Je ne doute pas un instant de votre succès d’ essayiste en éthique médicale sur Internet mais c’est à vous de décider si vous aurez aussi du courage ou pas.

    PS: Il est très plaisant de se congratuler entre confrères ou entre confrères et étudiant en médecine sur les belles qualités éthiques de chacun sur Twitter mais il serait plus utile de concrètement trouver le courage de condamner l’inacceptable. or, c’est en vain que j’vais demandé à des « célébrités médicales de Twitter » leur soutien aux victimes abondamment conspuées publiquement au moment du procès du Dr Hazout par les amis de ce violeur et ses avocats…

    De même, je n’avais réussi qu’à me « faire bloquer » sur Twitter par des « célébrités médicales de Twitter » comprenant ce démagogue abusant du manichéisme utilisant le nom de plume Martin Winkler quand j’avais demandé aux mêmes de protester contre une scène de viol de Marisol Touraine dans une salle de garde d’un hôpital de Clermond-Ferrand…

  9. Ping : Le syndrome de susceptibilité inappropri...

  10. Brillant, mais assommant; de la rhétorique en somme, susceptible d’avoir été écrite pour illustrer les réactions que suscite le livre de Martin Winckler. Brillamment illustré par des diagrammes qui donnent un rendu scientifique à la thèse développée dans l’exposé. Toutefois cette démonstration pêche par le fait qu’elle n’est pas assez générale : les cases ‘critiques du soin’ et ‘corporatisme’ auraient du avoir une portée plus large, sinon il faut rebaptiser le syndrome en syndrome de susceptibilité inappropriée à la critique du soin.
    De même, la case « récupération politique » est plus directement lié à la critique du soin, puisque celle-ci a également une portée politique (sous la plume de Winckler en tous cas)
    J’ai relevé deux phrases que je me permet également de critiquer :
    « les soignant.e.s entre elles/eux, les patient.e.s, les citoyen.ne.s » . Symptomatique, par la forme,d’une Wincklerite aigue.
    « Pourtant, sur twitter plus qu’ailleurs, on le sait bien : nous sommes tous d’accord pour une vision humaniste du soin ». C’est quoi ça sinon de l’entre soi ?
    Je pense pour ma part être atteint du ‘syndrome du critiqueur de blogueur consensuel’; mais certains écris me soulagent comme ceux de Jaddo ou le dernier de Fluorette sur justement ce livre de Winckler.

    • Bonsoir. Commentaire pertinent, mais un brin agressif, bien que je ne vous en veuille pas 🙂
      Oui, vous avez raison, il aurait peut-être été plus précis de rajouter « à la critique du soin ». Car c’est effectivement de cela dont il est question. Le livre de Winckler est sorti au moment même où je commençais à mettre des mots sur une réflexion que je mijotais depuis quelques temps. Notamment vis à vis des récents faits divers qui ont marqué la communauté au sein des réseaux sociaux notamment.
      Le style d’écriture épicène, ou non sexiste, est certes utilisée par M. Winckler, mais ne lui est pas absolument liée. Toutefois, s’il faut être victime de Wincklérite, je le suis. reste à savoir s’il y a plusieurs forme, une bonne évolution, une adaptation méliorative, sans rejet hétéro-immun a priori 😉
      Vous avez raison, cela ressemble à de l’entresoi, puis qu’il était beaucoup question ici des réactions des soignants sur ce réseau social, par ailleurs ouvert à tous et qui, par certaines initiatives (le #MedEdFr que je connais bien, par exemple), a toujours montré qu’il était justement ouvert à l’intervention de chacun 😉
      Je signalerais encore qu’il ne s’agit pas d’une défense de l’ouvrage de Winckler, mais bien d’une réflexion plus générale sur la façon dont une critique semble être reçue. Réflexion bien imparfaite et à approfondir 😉
      Merci pour votre commentaire 😉

      • Pour me faire pardonner le brin d’aggressivité, et essayer de vous guérir de votre épicénite, je vous offre un cadeau :

  11. Bonjour,
    Je tenais à vous indiquer que votre blog serait cité sur JIM.fr ce 15 octobre.
    Bien cordialement,
    Aurélie Haroche

  12. Et quand on a 60 ans une SEP un petit tour à Villejuif et que le vendredi soir on a 60 heures au compteur que l’on bosse les articles de 3:42 du matin jusque 6:00 qu’à 07:03 on est au cabinet pour bosser vider mails, articles, lettres, qu’on bouffe sur son dessus de bureau un sachet Björg de raviolis qu’on écoute donne recadre avec patience respect politesse des patients qui vous déversent le vendredi soir des semi-remorques de problèmes alors que nous tenons à peine débout et qu’on se fait traiter de feignants parce qu’on ne bosse pas le Samedi, qu’on se fait descendre dans les avis Google parce qu’on a osé recommandé un traitement qui fait consensus dans les Recommandations nationales mais que ce traitement qu’on a longuement expliqué croyant avoir arraché l’adhésion du patient en lui ayant longuement expliqué la physiopathologie de sa maladie avec des PowerPoint des articles sur l’écran et qu’on se fait massacrer par derrière sur Google c’est sur c’est nous les maltraitants, continuez tous MW et les autres c’est nous les pourrais dépourvus de conscience professionnelle de tout sens de l’honnêteté c’est nous les mécréants arrogants odieux méprisants … venez tapez vous les études les sacrifices le boulot les nuits les examens venez venez

    • À LECLERCQ 16 10 16 à 17:40 ,

      Je trouve que l’homéopathie, raisonnablement utilisée par des médecins compétents, est un outil thérapeutique fort utile- notamment pour réduire les prescriptions inutiles d’antibiotiques, benzos et antidépresseurs ou pour aider à un sevrage difficile pour ces deux dernières classes de médicaments prescrites à bon escient mais pour un temps limité.

      Néanmoins , traiter « le mal par le mal » ne se conçoit que pour des affections bénignes et les dangereux excès démagogues et manichéens d’un Dr. Marc Zaffran, alias Martin Winckler , sont trop sérieux pour justifier un tel traitement. Cela me semble aussi dangereux que de prétendre traiter les schizophrénies par l’homéopathie. Mon avis sincère est que c’est l’exercice auquel vous vous livrez. Voici pourquoi:

      Je ne suis cependant pas insensible à la souffrance que vous décrivez en raison de l’ingratitude dont témoigneraient, sur Internet, certains de vos patients quant à vos efforts d’information et de concertation dans les soins ou leur manque de compréhension pour votre désir de ne jamais travailler durant les week-ends alors que vous travailleriez jours et nuits du lundi au vendredi.

      En revanche, je désapprouve grandement le fait pour un médecin de se priver de sommeil entre 3H et 6 H du matin pour lire la littérature médicale alors qu’il finit ses consultations tard le soir comme vous l’indiquez – surtout pour un sexagénaire souffrant de SEP et de « petit tour à Villejuif ». Cela me semble risquer grandement de mettre votre santé en danger – ainsi que celle de vos malades si vous n’étiez pas un surdoué aux capacités médicales exceptionnelles. J’en suis réduite à espérer- pour vous et ceux qui vous aiment, ainsi que pour vos patients, que vous avez quelque peu exagéré votre dévotion extrême à la formation continue entre 3h et 6h du matin!

      Mais là n’est pas la question car aucun héroïsme médical ne saurait justifier le comportement de « brutes en blanc »- que décrit complaisamment Martin Winckler durant les nombreuses interviews destinées à vendre son livre. Tout au plus cela pourrait-il l’expliquer pour des médecins qui ne sont pas dotés de capacités de résistance physique et morale surhumaines telles que les vôtres et inciter à changer l’organisation des soins en France si de nombreux médecins libéraux sacrifiaient aussi dangereusement que vous leur sommeil du lundi au vendredi.

      Surtout, l’ « héroïsme médical » que vous décrivez ne justifierait en rien ni le comportement d’omerta médicale qui sévit dramatiquement en France, ni la passivité des médecins français quant au fonctionnement de leurs conseils de l’ordre des médecins qui découragent les plaintes de patients par des tentatives d’intimidation -voir des condamnations à des dommages financiers élevés dans certains cas- et exercent des représailles sur les confrères qui signalent des comportements incompatibles avec la déontologie, voir des comportements criminels.

      PS: »(…)venez tapez vous les études les sacrifices le boulot les nuits les examens venez venez(…) »
      Or, sous le pseudonyme Martin Winckler, se trouve le Dr. Marc Zaffran qui, né en 1955 appartient à votre génération et a fait les mêmes études de médecine que vous. Les supposés victimes du « Syndrome de susceptibilité inappropriée  » sont , par définition, aussi des docteurs en médecine. Cette phrase est donc difficile à comprendre dans cette discussion autrement que comme un slogan venu sous votre plume par habitude militante.

    • une fois, une seule fois dans ma vie de médecin ( 38 ans d’installation jusqu(‘au 30 juin2015 où j’ai craqué ) un patient ( que je connaissais bien) a répondu à ma question : « comment allez vous ? »
      – et vous , Docteur, comment allez vous ?
      je me suis effondrée , et j’ai pleuré .. Cet homme dont je n’ai jamais oublié ni le nom ni le geste’ il m’a en silence prise dans les bras( sans aucune connotation sexuelle , je précise)et il m’a écoutée . Je lui ai raconté sobrement mes difficultés quotidiennes – mari alcoolique, surendetté etc etc . Je me suis tue, il a simplement dit « merci à vous d’être ce que vous êtes , près de vos patients ,malgré tout cela ».
      Merci encore à vous Mr S.G.
      Je me souviens de mon dernier jour de consultation , une dizaine de patients sont venus , sans rendez-vous , sans rien, juste me dire : merci , vous m’avez sauvé la vie . Je n’oublierai jamais .
      Ce geste a compensé les insultes gravissimes pour impossiblité de rdv très rapide pour des non urgences ou de rdv oubliés..
      Merci à eux .

  13. Bonjour; Probablement que j’arrive trop tard pour exprimer le respect inspiré par ce texte étudié et poli.
    Je suis un après-senior, donc ce que j’écris est entaché par la douleur et les médicaments.

    Lorsque je m’occupais de l’Alzheimer de maman, ma vi a été sauvé par un groupe sur Internet s’appelant « gerialiste ». Vos me rappelez ces deux cents médecins par votre contrôle de vous même, votre écoute, votre tolérance.

    C’est avec l’Alzheimer que j’ai fait connaissance avec la maltraitance grise. Je suis de la génération élevée par le Dr Soubiran et « Les Hommes en Blanc », encore aujourd’hui je suis amoureux de Marianne. La maltraitance nous était inconnue, bien sûr il y avait des histoires comme dans « La Grande Vadrouille » et la Supérieure autoritaire.

    Cependant serait-ce possible que nous sommes les spectateurs d’un accouchement compliqué dans la douleur, la médecine de Jean des Hommes en Blanc disparaît et accouche la i-médecine avec pour résultat la mort des géniteurs.

    en fait nous n’avons pas le choix et je regrette que WATSON mette tant de temps à devenir un outil de routine. (et Isabelle, qu’en est-il devenue?)

    Cette douleur de l’accouchement dans la douleur nous la vivons en France, en Angleterre, dans les pays Nordiques, je suppose que la liste est ouverte.

    C’est toujours un étonnement qu’arrivé si prêt du poteau de fin de course, je ne peux pas dire que j’ai vu un seul médecin consulter le « Cloud » ou « Pubmed ».

    Et puis oui, nous sommes devenue des selfie ambulants, que tout l’hôpital ne soit pas autour de nous, mais quelle honte. Mais quele temps est long et douloureux lorsqu’on est allongé seul et sans savoir, que la chambre est blanche, si blanche qu’elle est noire de deuil.

    Merci et mes excuses et je ne vais rien arranger avec un PS hors sujet

    ps En tant que suédois je suis tellement étonné qu’on nous demande de passer nos mains à l’alcool (d’une bouteille vide) mais que nous rentrons dans les chambres avec tous les déchets (canins) de la route à nos grolles.

    Et cette semaine pour nous terrifier encore plus un grand journal anglophone étudiant la contagion de clostridium difficile via le matelas.

    Merci de votrepatience

  14. Farfouillage sur le net pour glaner des renseignements sur les médecins québécois tellement mieux que les français selon MW : ils font moins de consult par jour, gagnent en net 94 % de plus que les médecins français et 25 % des québécois n’arrivent pas à s’inscrire sur la liste d’un généraliste car ceux-ci choisissent leurs patients (et évitent certaines pathologies, bonjour l’éthique …)
    Ce qui correspond à ce que me racontait mon fils après 1 an de séjour à Montréal.

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